« J’irai demain faire une petite prière à Notre-Dame de La Roche allant voir ma cousine de Contades », 1886
II arrive que certaines lettres, longtemps assoupies dans un fonds privé, se mettent soudain à parler comme si leur encre venait à peine de sécher. Celle que Valentine de Contades, duchesse de Chevreuse, écrit le 2 décembre 1886 à Madame Sigismond de Lévis-Mirepoix — la mère de Gaston de Lévis-Mirepoix (1844-1924), époux de Marie-Thérèse d’Hinnisdal (1844-1934) — et conservée aujourd’hui dans les archives du château de Tilloloy, près de Roye (Somme), est de celles qui restituent d’un seul élan tout un monde. Elle nous fait pénétrer dans l’univers mental de la haute aristocratie française à la fin du XIXᵉ siècle, un monde où les noms — Contades, Luynes, Lévis, Crillon — claquent encore comme des étendards au vent, et où se perpétuent les fidélités aux lieux de vie, aux morts et aux alliances, dans une certaine manière d’habiter le temps.

