Un dessin conservé dans les archives du château de Tilloloy (Somme) représente un poteau destiné à l’« allée de la Porte à Clous ». L’objet paraît modeste : un socle, un fût, un couronnement et une plaque inscrite. Pourtant, sa conception révèle une réflexion beaucoup plus vaste sur l’aménagement du parc. Ces bornes ne servaient pas seulement à indiquer une direction. Elles participaient à l’organisation des circulations, à la conduite de la chasse, à la mise en scène du paysage et à l’affirmation d’une identité nobiliaire.
Du domaine aristocratique au paysage de guerre. Le plan de Tilloloy (Somme) du 20 août 1915
Ce plan porte un numéro de feuille, un quadrillage et une date : N° 43, 20 août 1915. Rien, dans cet en-tête sec, ne laisse deviner qu’il s’agit du dernier portrait fidèle d’un domaine que la guerre allait réduire à des pans de murs. Le document conservé au château de Tilloloy (Somme) mérite pourtant qu’on s’y arrête longuement, non pour la beauté qu’on pourrait lui prêter rétrospectivement, mais pour ce qu’il donne à lire avec exactitude : un système résidentiel complet, saisi au moment précis où l’armée française se l’appropriait comme terrain.
Représenter la continuité généalogique et seigneuriale : la plaque funéraire Dixmude de Montbrun à Recques-sur-Course (Pas-de-Calais)
Dans la muraille sud du chœur de l’église Saint-Léger de Recques-sur-Course, à sept kilomètres au nord-est de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais), est encastrée une plaque funéraire : celle d’Oudart de Dixmude de Montbrun (v.1680-1753) et de son fils Florent de Dixmude (v.1707-1727). La tradition familiale rapporte que le second mourut d’un accident de cheval. Voulant franchir à monture l’entrée d’une écurie dont la porte était trop basse pour laisser passer ensemble le cavalier et l’animal, et n’ayant eu le temps ni de sauter à terre ni de se courber, il se serait brisé la tête contre le linteau.
Un jour de courses à Boulogne-sur-Mer, 1905
Une main a écrit, au crayon à papier et donc après coup, au bas du carton : « Marie de Lubersac — Jean de L., Élie-Anne de Lubersac. Courses à Boulogne s/mer, 4 août 1905. » C’est le carton du montage qui a jauni, non le tirage lui-même, resté d’un noir et blanc encore ferme sous la patine du temps — signe que cette photographie, avant d’appartenir à l’histoire, a d’abord appartenu à une famille, qui l’a conservée avec soin, puis, plus tard, légendée dans un album. On ignore qui tenait l’appareil. Un amateur muni d’un Kodak de poche ou l’un de ces photographes qui travaillaient, l’été, les pelouses des champs de courses et les promenades des stations balnéaires, proposant aux familles en villégiature le souvenir tarifé d’une journée ? Rien ne permet de trancher.
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Mademoiselle de Comerford : entre murmures du cœur et murailles du monde, 1813
« Mademoiselle de Cormerford a quitté momentanément la ville d’Aire. Une de ses parentes est venue la chercher depuis la mort de son père et se propose de la garder chez elle au moins pendant tout l’été. Cette cousine est mademoiselle d’Armanville demeurant en son château à Agnetz, près Clermont, département de l’Oise. Si le jeune homme qui désire connaître les sentiments de mademoiselle de Comerford à son égard veut lui écrire, on pense qu’il peut le faire sans inconvénient. Il règlera sa conduite ultérieurement d’après la réponse qu’il recevra. »

